Lucie agira toujours en souplesse sans jamais vouloir « paraître » ni briller, mais avec toujours une grande efficacité. Elle aidera les personnes étrangères en difficultés à Bourcefranc, de façon totalement bénévole et très discrète.
Ainsi en sera-t-il de la famille Jean Rousseau, qui, au fil des ans, deviendront des amis. De son côté à elle, Mme Rousseau, ce sont des polonais réfugiés en France avec son frère Georges, après un passage dans une région minière française où Georges, très jeune enfant, travailla dans les mines pour rapporter l’argent nécessaire à la survie de la famille. Tout à fait à la façon de « Germinal » ou « Sans Famille » : j’ai entendu leurs témoignages, Emile Zola n’a vraiment rien inventé…
Ci-dessous, de gauche à droite : Lucie, une inconnue, Mme Rousseau, sa fille Gisèle tenant son frère André, puis leur petite sœur Josette,dite « Zézette »
Les Rousseau sont de petits fermiers à Bourcefranc en bordure du marais salant. Les terres appartiennent à la famille Lainé (beaux parents de la sœur de Lucie). Georges, célibataire, aide le couple bénévolement et est logé dans la ferme.
On fait venir la machine à battre le blé tous les ans, mais il y a encore énormément de travail manuel à fournir, malgré cette machine. Les amis et voisins agriculteurs viennent donc passer la journée à la ferme. Lucie plume les poulets pour les repas du midi et du soir et aide à la cuisine : une tablée de 25 à 30 personnes. Flavien pèse les sacs de blé. Il y a une joyeuse ambiance toute la journée. La ferme grouille de personnes pressées et affairées, partout. La machine est mue par un tracteur qui fait un bruit d’enfer et permanent et qui est doté d’une petite poulie latérale. Cette dernière, très longue, est reliée par une très grande courroie en cuir à la grande poulie de la machine à battre. C’est le dernier cri de la technique de l’époque : caisse en bois, roues en acier. Les spécialistes édifient les meules de paille de façon artistique et surtout conforme à la forme idéale qui résistera à la pluie et au vent tout en occupant une petite surface au sol. Pas évident du tout…. La même « équipe » de 20 à 30 personnes tournait de ferme en ferme, jour après jour, dimanche compris. Chacun avait sa ferme à traiter avec la main d’œuvre de ses voisins et chacun allait donc travailler gratuitement chez tous ses voisins.
C’était exactement la même scène partout en campagne, dont à St Sornin, chez les voisins de ma grand-mère Génie.
